Glossaire
Les mots qui reviennent dans les nouvelles, expliqués simplement, pour un public varié. Survole un tag d'une histoire pour en voir la définition courte, ou déplie ici l'explication.
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Identité de genre
- Agenre
- Le fait de ne pas te reconnaître dans un genre, ou de te vivre sans genre.
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Être agenre, c'est ne pas te reconnaître dans un genre, ou te vivre sans genre du tout. Ce n'est pas un entre-deux ni un refus : juste une case en moins, une question qui ne se pose pas pour toi de la même façon que pour d'autres.
- Cisgenre
- Se dit de toi quand ton genre correspond au sexe qu'on t'a assigné à la naissance.
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Tu es cisgenre quand le genre que tu vis correspond au sexe qu'on t'a assigné à la naissance. C'est le cas le plus répandu, au point qu'on oublie souvent que c'en est un : nommer « cisgenre » sert justement à rappeler que ce n'est pas une norme neutre, juste une situation parmi d'autres.
- Dysphorie de genre
- Le mal-être né de l'écart entre ton genre et ce que ton corps ou ton entourage te renvoient.
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C'est le mal-être qui naît de l'écart entre ton genre et ce que ton corps ou le regard des autres te renvoient. Ça va de la gêne diffuse à la souffrance vive, et ça ne touche pas toutes les personnes trans, ni de la même manière. Le mot est employé en médecine, mais il décrit d'abord un vécu.
- Expression de genre
- La façon dont tu donnes ton genre à voir (vêtements, voix, gestes), distincte de ton identité.
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C'est tout ce qui donne ton genre à voir : vêtements, coiffure, voix, façon de bouger. Elle peut coller à ton identité ou s'en écarter, par goût ou par sécurité, et elle change selon les jours sans rien retirer à qui tu es. On la confond souvent avec l'identité ; ce sont deux choses.
- Genre fluide
- Un genre qui varie dans le temps, d'un ressenti à l'autre.
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Ton genre n'est pas forcément figé. Pour certaines personnes il bouge dans le temps : plus masculin un jour, plus féminin ou neutre un autre, sans que ce soit une indécision. C'est une manière de vivre le genre au présent, telle qu'elle se présente.
- Identité de genre
- Le genre auquel tu te reconnais, qui ne dépend ni du sexe assigné à la naissance ni de ton apparence.
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C'est le genre que tu sais être, de l'intérieur : femme, homme, non binaire, autre chose, rien. Personne ne le décide à ta place, et il ne se lit ni sur une carte d'identité ni sur un corps.
- Non-binarité
- Un genre qui n'est ni (seulement) homme ni (seulement) femme : entre, au-delà , ou ailleurs.
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Tout le monde ne tient pas dans les deux cases. La non-binarité, c'est un genre qui se vit entre les deux, au-delà , en mouvement, ou hors de cet axe. Un formulaire à deux cases, parfois, ne te laisse aucune place, et c'est le formulaire qui est trop étroit, pas toi.
- Sexe assigné à la naissance
- Le sexe inscrit à ta naissance d'après le corps ; il ne dit rien de ton genre ressenti.
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À ta naissance, on a coché « fille » ou « garçon » d'après ton corps. C'est tout ce que ça dit : un constat de départ, pas une vérité sur qui tu es ni sur le genre que tu vivras. Pour beaucoup il coïncide avec le genre ressenti, pour d'autres non.
- Transgenre
- Se dit de toi quand ton genre ne correspond pas au sexe qu'on t'a assigné à la naissance.
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Tu es transgenre quand ton genre ne correspond pas au sexe coché à ta naissance. Le mot décrit un écart vécu, rien de plus : il ne dit ni comment tu t'habilles, ni si tu as entamé une transition, ni qui tu aimes. « Trans » en est l'abrégé courant.
- Transidentité
- Le fait de vivre un genre différent du sexe assigné à la naissance.
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Tu es trans quand le genre que tu vis ne coïncide pas avec le sexe qu'on a coché à ta naissance. Ça ne dit rien de ton corps, de ton parcours ni de qui tu aimes : c'est une question d'identité, pas d'apparence. Certain·es entament une transition, d'autres non ; aucune de ces routes ne rend plus ou moins trans.
- Transition
- L'ensemble des pas (sociaux, administratifs, parfois médicaux) pour vivre dans ton genre.
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C'est l'ensemble des pas qu'on fait pour vivre dans son genre : changer de prénom, de pronoms, de papiers, parfois entamer un suivi médical. Chaque parcours est différent, certains s'arrêtent tôt, d'autres pas ; aucun n'est plus « complet » qu'un autre. C'est un chemin, pas un examen à réussir.
Le nom et l'appellation
- Deadname
- Le prénom d'avant d'une personne trans, celui qu'elle ne porte plus.
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Pour une personne trans, c'est le prénom d'avant (souvent celui de l'état civil) qu'elle ne porte plus. L'entendre, ou le lire sur un badge, ça ramène de force à quelqu'un qu'elle n'est plus. Le sortir sans nécessité est presque toujours vécu comme une effraction.
- Langage inclusif
- Les tournures qui évitent de présupposer le genre, ou qui accordent selon le tien.
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Ce sont les tournures qui évitent de présupposer le genre, ou qui accordent selon celui de la personne : un mot neutre, un doublet, le pronom iel, une phrase reformulée. Ça ne complique pas la langue pour le plaisir ; ça lui permet de nommer des gens qu'elle laissait sinon de côté.
- Mégenrage
- S'adresser à quelqu'un avec un genre qui n'est pas le sien (mauvais pronom, accords).
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Mégenrer quelqu'un, c'est lui parler avec un genre qui n'est pas le sien : mauvais pronom, accords au masculin pour une femme, civilité à côté. Ça arrive par habitude ou par maladresse, et même sans intention ça blesse, parce que ça renvoie la personne là où elle n'est pas. Se reprendre, simplement, suffit le plus souvent.
- Prénom choisi
- Le prénom que tu portes et fais valoir, quel que soit l'état civil.
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C'est le prénom qu'une personne porte et fait valoir, qu'il figure ou non sur ses papiers. L'employer ne coûte rien et change tout : c'est reconnaître quelqu'un tel qu'il se présente, pas tel qu'un dossier le note.
- Pronoms
- Les mots par lesquels tu veux qu'on te désigne (elle, il, iel) ; les demander, c'est respecter.
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Ce sont les mots par lesquels on te désigne quand on parle de toi : elle, il, iel, parfois plusieurs. Les demander ou les préciser n'a rien d'une indiscrétion ; c'est une façon simple de ne pas présumer, et de respecter. Quand tu doutes, demander vaut mieux que deviner.
Orientation et attirance
- Aromantisme
- Peu ou pas d'attirance amoureuse ; ça n'empêche pas le désir.
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C'est ressentir peu ou pas d'attirance amoureuse. On peut être aromantique et désirer, avoir des amitiés profondes, construire des liens qui comptent : l'amour romantique n'est pas le seul lien qui vaille.
- Asexualité
- Peu ou pas d'attirance sexuelle ; ça n'empêche pas d'aimer.
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C'est ressentir peu ou pas d'attirance sexuelle. Ça n'empêche ni d'aimer, ni d'avoir des relations, ni le désir de tendresse : ce sont des choses séparées. Comme tout le reste, ça se vit en nuances, d'une personne à l'autre.
- Bisexualité
- L'attirance pour plus d'un genre.
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C'est l'attirance pour plus d'un genre, pas forcément à parts égales ni en même temps. Ce n'est ni une étape vers autre chose ni une indécision : une orientation à part entière.
- Désir
- L'élan vers quelqu'un ; il peut être sexuel, sensuel ou tendre, et aucune de ses formes n'est obligatoire.
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Le désir ne se réduit pas au désir sexuel : il y a l'envie d'être près de quelqu'un, de le regarder, de partager un silence ou une salle de cinéma. Ces élans peuvent aller ensemble ou séparément, et leur dosage n'a rien d'un barème. Le tien, quel qu'il soit, n'a pas à suivre un script.
- Gay
- Un homme (ou, plus largement, une personne) attiré par les hommes.
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Se dit le plus souvent d'un homme attiré par les hommes, parfois plus largement d'une personne qui s'y reconnaît. C'est un mot d'usage courant, assumé, qu'on choisit pour soi.
- Hétérosexualité
- L'attirance pour un genre différent du tien.
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C'est l'attirance pour un genre différent du tien. C'est l'orientation la plus répandue, et la plus rarement nommée, parce qu'on la suppose par défaut. La poser comme un mot parmi d'autres aide à voir qu'elle en est un, pas la mesure des autres.
- Homosexualité
- L'attirance pour un genre semblable au tien.
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C'est l'attirance pour un genre semblable au tien. Le mot couvre large ; dans la vie courante on dit plutôt gay ou lesbienne, selon les personnes.
- Lesbienne
- Une femme attirée par les femmes.
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Une femme attirée par les femmes. Longtemps tu, le mot se porte aujourd'hui sans détour ni euphémisme : il nomme, simplement.
- Orientation
- Le ou les genres vers qui va ton attirance amoureuse et/ou sexuelle, distincte de ton genre.
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C'est vers quel ou quels genres va ton attirance, amoureuse et/ou sexuelle. Elle est distincte de ton identité de genre : qui tu es et qui tu aimes sont deux questions séparées. Elle peut se préciser avec le temps, et aucune n'est plus légitime qu'une autre.
- Pansexualité
- L'attirance possible quel que soit le genre de l'autre.
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C'est l'attirance possible quel que soit le genre de l'autre : il ne fait pas partie de ce qui t'attire ou non. Proche de la bisexualité, le mot insiste sur le fait que le genre n'entre pas en compte.
- Queer
- Un mot-parapluie, repris avec fierté, pour ce qui sort des normes de genre et de sexualité.
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Longtemps une insulte, le mot a été réapproprié avec fierté. Il rassemble, sans les enfermer, toutes les façons d'exister hors des normes de genre et de sexualité : une manière de dire « pas dans les cases » plutôt qu'une case de plus.
Famille, couple, parentalité
- Coparentalité
- Élever un enfant à plusieurs adultes, hors du couple amoureux classique.
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C'est élever un enfant à plusieurs adultes en dehors du couple amoureux classique : deux ami·es, un couple et une troisième personne, des configurations qui s'inventent. L'idée tient en une phrase : ce qui fait un parent, c'est le soin porté, pas la forme du foyer.
- Famille choisie
- Les proches qui te tiennent lieu de famille, quand celle d'origine manque ou rejette.
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Ce sont les proches qui te tiennent lieu de famille quand celle d'origine manque, rejette ou ne comprend pas : des ami·es, un·e ancien·ne, une bande qui devient un foyer. Dans beaucoup de vies queer, c'est elle qui héberge, soigne et fête. On ne la subit pas, on la tisse.
- Homoparentalité
- Le fait, pour un couple ou un parent de même genre, d'élever un enfant.
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C'est une famille où l'on élève un enfant à deux parents de même genre, ou en solo. L'enfant a des parents qui l'aiment ; le reste (les formulaires « papa et maman », les regards), c'est au monde autour de s'ajuster, pas à la famille de s'excuser.
- Relations familiales
- Les liens et tensions avec la famille d'origine, souvent ravivés au moment de se dire.
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Ce sont les liens, et les tensions, avec la famille d'origine : ce qu'on en garde, ce qu'on en attend, ce qui se rejoue au moment de se dire. L'accueil n'est pas toujours total ni immédiat ; il arrive aussi qu'il vienne, par petits gestes, plus tard qu'on n'espérait.
- Sororité
- La solidarité entre femmes, en gestes autant qu'en mots : on se fait de la place, on se tient chaud.
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C'est la solidarité entre femmes : on se croit, on se relaie, on se fait de la place sans demander de justificatif. Elle passe souvent par des gestes avant les mots, un coup de main donné avant qu'on l'ait demandé, une place ou une chaleur qu'on partage sans en faire grand cas. Pour les femmes que le monde lit de travers, être comprise dans ce « on » sans condition, c'est déjà un abri.
Visibilité, social, vécu
- Allié·e
- Quelqu'un que ça ne concerne pas directement, et qui soutient activement.
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C'est quelqu'un que le sujet ne concerne pas directement et qui soutient quand même, activement : en écoutant, en reprenant une remarque de travers, en laissant la place plutôt qu'en la prenant. On ne se décerne pas le titre ; il se vérifie dans les actes.
- Coming out
- Dire son orientation ou son identité de genre : un geste qui se rejoue, jamais fait une fois pour toutes.
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C'est le moment où tu dis ton orientation ou ton genre à quelqu'un. Ça n'arrive pas une fois : à chaque nouvelle personne, chaque nouveau cadre, la question revient. Le dire, le taire, attendre. Personne ne te le doit, et tu ne le dois à personne.
- Communauté
- L'ensemble (pluriel, pas homogène) des personnes LGBTQIA+ et des espaces qu'elles se créent.
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C'est l'ensemble des personnes LGBTQIA+ et des espaces qu'elles se créent : lieux, fêtes, associations, fils de discussion. Elle est plurielle et pas toujours d'accord avec elle-même, et c'est tant mieux : on n'a pas à se ressembler pour se reconnaître et se soutenir.
- Outing
- Révéler l'orientation ou l'identité de quelqu'un sans son accord.
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C'est révéler l'orientation ou l'identité de genre de quelqu'un sans son accord. Même bien intentionné, ça retire à la personne le choix de dire elle-même, quand et à qui : un choix qui lui revient, à elle seule.
- Passing
- Être spontanément perçu·e dans ton genre, ou comme cis/hétéro : un confort, parfois une injonction.
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C'est être spontanément perçu·e dans ton genre, ou comme cis ou hétéro, sans avoir à t'expliquer. Ça peut être un confort et une sécurité ; ça peut aussi devenir une injonction, comme s'il fallait « passer » pour être pris·e au sérieux. Les deux versants coexistent.
- Placard
- Ne pas (encore) rendre visible qui tu es, par choix ou par sécurité.
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Être « dans le placard », c'est ne pas (encore) rendre visible qui tu es. Par choix, par prudence, parce que ce n'est pas le moment ou pas l'endroit. Ce n'est pas un mensonge : c'est une porte que tu ouvres à ton rythme, pour qui tu veux.
- Première fois
- Les premiers pas dans un lieu, une identité, une relation.
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Ce sont les premiers pas : pousser la porte d'un lieu, dire un mot tout haut, vivre une rencontre. Souvent un mélange de trac et d'élan, et rarement aussi définitif qu'on le croit sur le moment. C'est un début, pas un examen.
Les termes de la « norme »
- Allonormativité
- L'idée implicite que tout le monde ressentirait du désir sexuel ou amoureux.
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C'est l'idée implicite que tout le monde ressent de l'attirance sexuelle et/ou amoureuse, et qu'une vie sans cela serait incomplète. C'est le pendant, côté désir, des autres normes : un attendu si courant qu'on le prend pour une évidence.
- Binarité de genre
- Le système qui ne reconnaît que deux genres, opposés et exhaustifs.
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C'est le système qui ne reconnaît que deux genres, homme et femme, posés comme opposés et couvrant tout le monde. Il organise quantité de choses, des toilettes aux papiers. Beaucoup de gens y tiennent leur place ; le rappeler comme un système permet de voir celles et ceux qu'il laisse dehors.
- Cisnormativité
- L'idée implicite qu'être cisgenre serait la norme, par défaut.
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C'est l'idée implicite qu'être cisgenre va de soi, que tout le monde l'est jusqu'à preuve du contraire. Elle se loge dans des détails : un formulaire à deux cases, une question qu'on ne pense pas à poser. La nommer n'accuse personne ; ça rend juste visible un arrière-plan qu'on ne voyait plus.
- État civil
- Le genre administratif officiel ; il peut diverger de ton genre vécu.
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C'est le genre noté sur tes papiers : celui de la carte d'identité, des formulaires, des fichiers. Il peut coller à ton genre vécu, ou s'en écarter, parfois pour longtemps, le temps que les démarches suivent. Un badge, un formulaire « papa/maman », une case à cocher : c'est souvent là que l'écart se rappelle à toi.
- Hétéronormativité
- L'idée implicite que l'hétérosexualité serait la norme, attendue par défaut.
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C'est le présupposé que l'hétérosexualité est la norme, attendue par défaut : la question « tu as un copain ? » posée à une fille avant même de savoir. Ce n'est pas une opinion, plutôt un automatisme social. Le voir, c'est déjà pouvoir le desserrer.
Sigle et termes-parapluie
- Intersexe
- Né·e avec des caractéristiques sexuelles qui n'entrent pas dans les définitions binaires types.
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Est intersexe une personne née avec des caractéristiques sexuelles (chromosomes, hormones, anatomie) qui n'entrent pas dans les définitions binaires types du masculin ou du féminin. C'est une réalité du corps, distincte de l'orientation et de l'identité de genre. Le « I » de LGBTQIA+, longtemps invisibilisé, est là pour ça.
- LGBTQIA+
- Le sigle-parapluie : lesbiennes, gays, bi, trans, queer, intersexes, asexuel·les/aro, et le + pour le reste.
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Le sigle rassemble des orientations (lesbiennes, gays, bi, asexuel·les) et des identités de genre (trans, parfois intersexes), deux choses distinctes qu'il est utile de ne pas confondre. Le Q de queer et le + tiennent la porte ouverte à tout ce que les lettres ne nomment pas encore.
Sensibilités et monde intérieur
- Hypersensibilité
- Une sensibilité plus vive que la moyenne : tu ressens tout plus fort, le bruit, les émotions, la douceur comme la blessure.
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C'est une manière de percevoir le monde avec plus d'intensité que la plupart : les sons, les lumières, les émotions des autres et les tiennes arrivent plus fort et repartent moins vite. Ce n'est ni une maladie ni une faiblesse, plutôt un volume réglé plus haut. Ça peut épuiser dans le bruit du dehors, et ça peut donner une attention rare à ce que les autres ne voient pas. On peut aimer vite et fort, sans que ce soit moins vrai pour autant.
- Monde intérieur
- Le pays qu'on porte en soi, où l'on se retire quand le dehors fait trop de bruit ; vaste et bien réel, invisible aux autres.
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C'est l'espace qu'on habite en dedans, fait d'images, d'histoires, de pensées qui tournent, où l'on se retire quand le dehors devient trop. De l'extérieur, ça peut passer pour de la distraction ou de l'absence ; de l'intérieur, c'est un lieu vaste et peuplé, parfois plus réel que la pièce où l'on se tient. L'habiter n'empêche pas d'être là : c'est juste être ailleurs aussi, en même temps.
Scènes et mémoire
- Fanzine
- Un journal fait main, photocopié, passé de la main à la main. La presse de celles et ceux que la presse n'attendait pas.
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Contraction de « fan » et « magazine » : un journal autoproduit, écrit, collé et photocopié par celles et ceux qui le font, diffusé de la main à la main aux concerts. Ni rédaction ni autorisation : on y écrivait ce que les journaux n'imprimaient pas, et bien des scènes, avec les vies queer qu'elles abritaient, n'existent aujourd'hui que par eux.
- Mémoire
- Ce que les vies queer d'avant laissent, et ce qu'on en garde : photos, fanzines, noms, silences. Une transmission fragile.
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Les vies queer d'hier n'ont pas toujours pu se dire ; leur trace tient parfois à peu : une photo, un fanzine, un carton dans une cave, un nom que quelqu'un se rappelle. Des personnes et des associations collectent, scannent, racontent. Une part se transmet, une part se garde, et les deux comptent : la mémoire n'oblige personne à tout montrer.
- Punk
- Une scène musicale et une façon de vivre : concerts, fanzines, squats, débrouille. Les vies queer y étaient, pas toujours nommées.
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Né à la fin des années 1970, le punk est une musique, une esthétique et surtout une pratique : faire soi-même, jouer vite, imprimer ses propres journaux, occuper des lieux vides. Les scènes locales ont abrité bien des vies qui débordaient les cases, sans toujours les nommer : on ne disait pas, mais on vivait. Quand une exposition ou un livre s'en empare aujourd'hui, une partie tient sous vitrine ; le reste appartient à celles et ceux qui y étaient.



